Le PER, Price Earning Ratio, et les matières premières.

Le PER (Price Earning Ratio) est un des outils de base de l’analyse fondamentale (AF pour les habitués). Il permet d’estimer le niveau de valorisation d’une compagnie. Le calcul du PER est simple mais son utilisation demande de l’expérience. Voilà pourquoi les parties définition et calcul  sont courtes et la partie exemple est longue.

I. Définition du PER.

Le PER est utilisé en analyse fondamentale. C’est l’acronyme de Price Earning Ratio ou ratio cours sur bénéfice en français (oubliez la version française). Il est obtenu en divisant la capitalisation (nombre d’actions multiplié par leur valeur) par le bénéfice (résultat net ou net profit en anglais).

II. Le calcul du PER.

1. Calcul théorique.

Prenons par exemple 16 actions à 1 euros.
16 actions*1€=16€
La capitalisation est de 16 euros.
Imaginons que le bénéfice net est de 2€, on divise la capitalisation par le bénéfice net (net income en anglais), on obtient 8.
Le PER de la compagnie est de 8.

Vous n’aurez probablement jamais à le calculer, mais pour bien l’utiliser il faut parfaitement comprendre ce qu’il représente.

2. Exemple.

Imaginons que vous achetiez un commerce de pommes. Si vous achetez ce commerce 32 euros et qu’il vous offre un bénéfice de 4€ tous les ans. Il vous faudra 8 ans pour amortir votre investissement. Vous l’achetez 8 fois le prix de son bénéfice annuel.

3. Ordre de grandeur du PER.

Généralement, on considéré qu’un PER inférieur à 10 est bas, qu’il est correct entre 10 et 20 et trop haut au-dessus de 20. Bien sûr quand il n’y a pas de bénéfice, il ni a pas de PER.

Infographie calcul du PER

PER (Price Earning Ratio)

III. Utilisation du Price Earning Ratio.

C’est un outil très pratique pour garder un ordre de grandeur mais il faut bien faire attention à l’utilisation. Il faut toujours replacer le Price Earning Ratio dans son contexte.

1. Le Price Earning Ratio d’une junior minière.

Par exemple, une junior minière va avoir un résultat net négatif pendant 10, 15 ans avant que la mine ne produise. Durant cette période, pas possible d’avoir un Price Earning Ratio. Mais il possible d’estimer le futur PER en fonction des cours des matières premières et de la future production. Parfois quand le cours d’une junior monte beaucoup cela permet de savoir où se trouve la zone rouge.
Je m’explique, si par exemple une junior à une capitalisation de 800 millions dollars alors qu’elle aura dans le meilleur des scénarios, un bénéfice annuel de 25 millions de dollars, des années plus tard (800/25=PER 32). Il semble judicieux de devenir prudent. Mais ici il est juste question de garder un ordre de grandeur et pas de chercher un calcul précis.

2. PER et taux de croissance.

Pour Peter Lynch, un taux de croissance des bénéfices supérieur au PER est intéressant. Par exemple, si le taux de croissance est le double du PER. Ou alors une compagnie avec un taux de croissance 13% et un PER de 10. Mais à l’inverse une compagnie avec un taux de croissance inférieur au PER est à éviter.
Vu la nature cyclique des matières premières cette notion est souvent difficile à utiliser avec précision dans ce secteur. Mise à part avec certains producteurs d’électricité d’Amérique du nord.

Par exemple si une compagnie à un PER de 100, il faut se poser cette question : la croissance sera-elle suffisamment importante pour justifier son Price Earning Ratios stratosphérique ?

3. PER et secteur.

Il faut toujours comparer le PER d’une compagnie avec celui d’autres compagnies du même secteur.

IV. Une compagnie pétrolière et son PER.

Imaginons une compagnie pétrolière qui a une production de 1 000 barils jours. Elle produit donc 365 000 barils par an.  Son coût de production est de 40$ le baril et la compagnie pétrolière est constituée de 10 000 000 d’actions.

Ce n’est jamais aussi simple mais je simplifie pour que l’explication soit plus claire.

1. Exemple  pétrole haut :

Quand le baril est à 100$, elle gagne 60$ par baril, on multiplie par 365 000 et on obtient 21.9 Millions $ de bénéfice. Vous ajoutez à cela un PER de 15 parce que le marché est euphorique et elle est valorisée en bourse 328.5 millions $. Soit un cours de l’action de 32.85$

2. Exemple pétrole bas :

Quand le baril est à 45$, elle gagne 5$ par baril, multiplié par 365 000, 1.8 million $. Vous utilisez un PER qui tombe à 8 parce que le marché est dépressif et voilà elle est valorisée à 14.4 millions $. Soit un cours de 1.46$.

Voilà comment le cours d’une compagnie pétrolière peut passer de 1.46$ dans un creux de marché, à 32.85$ et plus sur un haut.

En théorie, c’est la même chose avec une compagnie minière mais avec beaucoup plus de levier (et de risques). En pratique, c’est souvent beaucoup plus complexe pour le secteur minier à cause de la lourdeur des projets (je résume).

Pour terminer, voici une de mes citation financière favorite « Investir est un art, pas une science, et les gens entrainés à tout quantifier avec rigidité démarrent avec un handicap. Si le choix des actions pouvait être quantifié, il suffirait d’un ordinateur ».

Pour l’utilisation du PER c’est la même chose. C’est un outil essentiel d’analyse fondamentale. Mais il faut l’utiliser judicieusement, et pas de façon trop rigide. Il faut toujours le replacer dans son contexte.

Dr Thomas Chaize

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