Les matières premières : un secteur d’investissement permanent

La hausse du prix de l’essence fait cauchemarder les automobilistes et la fièvre du métal jaune fait rêver les chercheurs d’or, mais derrière ces deux emblématiques secteurs existe une multitude d’autres opportunités d’investissements trop souvent oubliées. L’objectif de ces lignes est d’attirer votre attention sur un point important : Il existe toujours un secteur parmi les matières premières sur le point de connaître une période « d’euphorie ».

I. Le pic pétrolier et les matières premières.

Avec le pic de production pétrolier, le pétrole est le cœur du cycle haussier séculaire sur les ressources ; cela doit  être la première préoccupation d’un investisseur dans les matières premières. Le pétrole entraîne dans sa hausse d’autres sources d’énergie comme le gaz naturel, le charbon ou l’uranium. Les trois sont peu appréciés actuellement, pour des raisons différentes.
Le gaz naturel, à cause d’une surproduction régionale en Amérique du Nord, dûe au gaz de schiste ; l’uranium à cause de l’accident de la centrale de Fukushima et le charbon à cause des émissions de gaz carboniques. Vous pouvez presque oublier le charbon tellement les OPA ont décimé ce secteur minier. Il ne reste que quelques, rares, grandes compagnies indépendantes qui se comptent sur les doigts d’une main. Si l’Amérique du nord a trop de gaz naturel, l’Asie, elle, est prête à soulager l’Amérique de ce « fardeau » : des terminaux de LNG sont en construction ou en projet un peu partout au Canada, aux USA et dans le monde. Les mines d’uranium de classe mondiale ressemblent de plus en plus aux 12 travaux d’Hercule et les meilleurs projets sont eux aussi rapidement la cible d’OPA.

II. L’or et l’argent.

L’or et l’argent ont démontré depuis 10 ans qu’ils n’avaient rien de reliques barbares et qu’ils offrent toujours une excellente protection contre l’inflation. Mais, le platine et le palladium sont souvent oubliés dans la famille des métaux précieux. C’est un tort, les utilisations industrielles sont nombreuses, les réserves sont limitées, géographiquement concentrées et peu accessibles.

III. Les métaux industriels.

Les métaux industriels comme le cuivre, le zinc ou le fer, demeurent sous les radars des investisseurs. Pourtant, ces trois secteurs sont les champions des OPA depuis 10 ans. Toutes les mines de fer, de zinc, de cuivre, proches de la production ou en production font l’objet d’OPA, de participations, d’achats anticipés de la production par des entreprises chinoises, japonaises, coréennes, des compagnies de négoces ou de grands groupes industriels qui souhaitent sécuriser leur approvisionnement. L’intégration verticale ne se limite plus aux grands groupes ; elle remonte même jusqu’aux états. Enfin en Asie et aux USA, car en Europe peu de politiques semblent avoir compris la nécessité, pas stratégique, mais vitale du secteur des ressources. Vieux réflexe pavlovien, qui suit deux siècles de mépris vis-à-vis des ressources.

IV. L’agriculture.

Autre secteur en pleine expansion : l’agriculture.
Elle est un secteur incontournable, avec la diminution des terres agricoles, le réchauffement climatique, la hausse du coût de l’énergie et l’augmentation de la population mondiale. Bientôt certains crieront à la spéculation alors que les déficits de production à venir sont structurellement prévisibles. Ce n’est pas un hasard si des centaines de milliers d’hectares de terres agricoles sont achetées en Afrique par la Chine, la Corée, des pays du
Moyen Orient, de grands groupes industriels ou agro alimentaires.
La potasse, élément déterminent dans la fabrication des engrais a connu son heure de gloire, et son deuxième « rush » en 2010 quand le n°1 mondial de la production minière a fait une OPA (refusée par les autorités canadiennes) sur le n°1 mondial du secteur de la potasse.

V. Le diamant.

Une autre possibilité d’investissement, souvent restée dans l’ombre : le diamant.
Il n’existe pas de call, de putt, pas de produit financier sur le prix du diamant et c’est tant mieux, mais en contrepartie personne ne viendra vous vendre le diamant comme investissement. Pourtant, en Inde et en Chine, le diamant connaît une croissance à deux chiffres (encore l’Asie). Le n°1 un mondial de la production minière a annoncé qu’il se retirait de ce secteur, non par manque de perspectives mais à cause de l’impossibilité de trouver une mine de classe mondiale. Le n°1 un mondial de la production de diamant, plus que centenaire, lui, a été la cible d’une OPA dans une quasi indifférence.

Graphique de matières premières : gaz naturel, charbon, potasse, diamant, l'or, argent, cuivre,

matières premières

Ce ne sont que quelques exemples, je pourrais vous parler du lithium, de la géothermie, de hautes énergies, de l’hydro-électricité (excellent secteur défensif), du manganèse, du cobalt, du molybdène, du phosphate, de l’eau, du bois, des terres arables, du plomb, de l’étain, du nickel, du ciment, du niobium, du rhodium. Je pourrais aussi vous énumérer la  très longue liste des compagnies que vous ne pourrez plus jamais acheter à cause des centaines d’OPA qu’a connu le secteur des ressources ces dix dernières années.

Sur le graphique qui suit, chaque ressource est représentée par une compagnie, car les index n’existent pas pour toutes ces ressources. Vous remarquerez que, depuis 10 ans, il y a toujours un secteur qui est dans une phase de « boom », mise à part durant la crise systémique de 2008-9. Mais ensuite, toutes les matières premières ont connu une forte phase de hausse en même temps.
Alors, évidemment la question est : quel est le prochain secteur ?
En 2003-4, j’écrivais sur l’or, l’argent, le pétrole ; en 2004, sur la Chine et les matières 1ères, le napoléon et les pièces d’or ; en 2005, sur l’uranium, le gaz naturel ; en 2006-7, sur le pétrole, la géothermie de haute énergie ; en 2009, sur l’or noir et l’or jaune, la géothermie de haute énergie, le zinc, charbon ; début 2010, sur le diamant, la potasse et le pétrole africain.
Depuis 12 mois, 7 de mes sujets sur 10 ont pour thème le pétrole (en vague d’Elliot, le prix, le point d’inflexion, le coût marginal, l’investissement).
Je pense que vous avez votre réponse…

« Investir est un art et pas une science » Peter Lynch

Dr Thomas Chaize

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