Le plein de pétrole

Le prix du baril de pétrole a baissé de 145 à 103 dollars. On peut lire un peu partout « la fin de la bulle pétrolière », « le prix du pétrole s’effondre », « prix trop élevé », bla bla bla…..J’ai hésité entre des explications fondamentales ( pic pétrolier, baisse de production des majors, demande de pétrole de la Chine et de l’Inde, les stock stratégiques de pétrole, la population mondiale et le pétrole…) et un graphique des prix du pétrole. J’ai opté pour la sobriété et le condensé d’un graphique des prix du pétrole (je reprendrai les explications théoriques dans mon prochain mailing sur les grandes compagnies pétrolières). Voyons ici la nature et l’ampleur de la baisse actuelle des prix du pétrole.

Dessin barril de pétrole

I. Rappelez vous !

En 2001, nous étions un tout petit groupe à être haussier sur le pétrole. Le plus souvent on nous ignorait. Le fait même d’avoir abordé le sujet du pétrole nous faisait passer au minimum pour des incompétents et le plus souvent pour « l’idiot du village », avec en prime, parfois, quelques insultes. Les détracteurs d’hier nous annoncent sans rire aujourd’hui la fin de la bulle pétrolière, la fin de la tyrannie du pétrole, le naufrage pétrolier, sans même avoir cherché à comprendre ce qu’il s’est réellement passé ces dernières années avec le prix du pétrole.
Leurs paroles me remplissent d’émoi, ils sont toujours là, après avoir soutenu les technologiques en 2000, participé à la fête des prêts bancaires et à la débâcle du dollar, les mêmes nous parlent de naufrage du pétrole alors que malgré la baisse de ses dernières semaines le prix du baril de pétrole a été multiplié par dix depuis 1999 !
Leur argumentation tourne généralement autour d’une seule idée : « du pétrole il en reste beaucoup », sans aucune argumentation (c’est l’état de grâce intellectuel). Ils devraient indiquer aux milliers de géologues, techniciens du pétrole et aux magnats de l’or noir qui investissent des milliards de dollars dans l’exploration  pétrolière onshore et offshore où ils doivent chercher. Ils ont ces dernières années de plus en plus de difficultés à renouveler les réserves pétrolières de leur compagnie. Paradoxalement, les pessimistes sur la question sont plutôt des géologues et les optimistes béats sont souvent des économistes qui ne savent pas faire la différence entre un derrick et un manège de fête foraine…

II.Les trois vagues de hausse du prix du pétrole.

Il y a eu trois vagues de hausse depuis 1999 sur le prix du pétrole :
La vague n°1 a eu un sommet à 37,22 dollars le baril, elle a corrigé de 70% sa vague de hausse.
La vague n°2 a eu un sommet à 77.05 dollars le baril, elle a corrigé de 43% sa vague de hausse.
La vague n°3 a eu un sommet à 145.16 dollars le baril et si elle corrige comme la vague n°2 elle peut rebondir dans la zone des 100 dollars (support psychologique) avec une vague de correction de 43% ou dans la zone des 80 dollars (support de l’ancien sommet) avec une correction comme la vague n°1 de 70%.
C’est intéressant car les 100 dollars et 80 dollars sont justement des supports importants pour le prix du baril de pétrole.
Je propose ici deux creux possibles pour le prix du pétrole à 100 dollars et 80 dollars, pour donner un ordre de grandeur de ce qui est une correction normale en fonction des deux précédentes vagues de baisse sans que la tendance ne soit remise en cause. Ce qui est beaucoup plus difficile à établir c’est la durée de cette baisse, quelques jours, quelques semaines ou quelques mois ? Il peut y avoir une vague de correction rapide ou bien très longue de type a, b, c.  Le facteur temps n’est pas évident à déterminer, les précédentes vagues de correction ont été de 15 et 5 mois, nous sommes aujourd’hui au deuxième mois de baisse de la vague n°3.
Avez vous remarqué que chaque nouveau sommet du prix du baril de pétrole est plus ou moins le double du précèdent ?

Graphique du prix du pétrole 2009

Le prix du pétrole

           La question la plus importante aujourd’hui est : Comment doit-on interpréter la baisse du prix du baril de pétrole de ces dernières semaines ? Comme la fin d’un cycle haussier sur le pétrole ou alors comme une vague de correction dans un super cycle haussier ?
Je maintiens ma position de ces dernières années, nous sommes dans un super cycle du pétrole avec pour moteur des changements structurels majeurs dans la production mondiale du pétrole, du derrick à la pompe à essence, la baisse actuelle n’est qu’une vague de baisse naturelle et temporaire dans une sorte de super cycle haussier des prix du pétrole à très long terme.
Il faut chercher patiemment le bon moment pour faire le plein d’essence et ne pas douter de la tendance de fond qui n’est pas remise en cause.

Dr Thomas Chaize

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