La Chine et le pétrole africain

La Chine investit massivement dans les matières premières depuis plus de 10 ans. Elle investit dans le fer, le cuivre, le bois, l’uranium, le charbon, le cobalt et beaucoup d’autres ressources africaines. Mais la priorité n°1 de la Chine est le pétrole. Il est donc naturel que l’Afrique avec son potentiel pétrolier soit le continent favori des investissements chinois.
L’Afrique, c’est 54 pays, 30.2 millions de km², un milliard d’habitants et surtout 1/10 de la production mondiale de pétrole et le tiers des importations pétrolières chinoises. Pour la Chine, l’Afrique est à la fois un marché pour ses exportations et une opportunité de diversifier et sécuriser ses approvisionnements pétroliers.

I. La Chine et le pétrole africain.

La chine a depuis plus de 10 ans  signé des contrats avec tous les pays producteurs de pétrole africain : Nigeria, Algérie, Angola, Libye, Égypte, Soudan, Guinée équatoriale, Congo Brazzaville, Gabon, Tchad, Tunisie, Cameroun, Cote d’Ivoire, Congo Kinshasa, Mauritanie, Ghana, Maroc, Zambie, Somalie, Sierra Leone. Elle signe aussi avec des pays qui ne produisent pas encore de pétrole, mais qui en produiront « peut être » un jour :  le Kenya, le Mali, le Niger, Madagascar, les Comores, l’Éthiopie, l’Érythrée, le Zimbabwe, la Namibie, Centre Afrique, São Tomé, l’Ouganda et le Sénégal. Certains de ces pays seront d’importants producteurs et d’autres ne produiront probablement jamais un seul baril de pétrole, mais qu’importe les compagnies pétrolières chinoises investissent au cas ou.

II. Savez-vous quand les investissements pétroliers chinois ont débuté en Afrique ?

La Chine a signé ses premiers contrats avec le Nigeria en 1997, un an avant que le prix du pétrole ne touche le fond à 10.8 dollars le baril en 1998 et 4 ans après que la Chine ne soit devenue un importateur de pétrole…

Le graphique du prix du pétrole depuis 1975

Le prix du pétrole

Depuis 1997, dans chaque creux important du prix du baril de pétrole, la Chine achète de nouvelles compagnies pétrolières, des gisements de pétrole et des licences d’exploration sur le continent africain. Aucun pays africain ou compagnie opérant sur le continent africain n’est oublié, que ce soit pour un hypothétique million de barils de pétrole ou un milliard de réserves de pétrole : la même attention est apportée, seul le nombre de zéros sur le chèque varie de 6 à 10. Chaque fois que le prix du baril de pétrole baisse, que les investisseurs dépriment, que les banques paniquent et que les compagnies pétrolières sont en difficulté et oubliées de tous, les compagnies pétrolières chinoises, elles, font des offres d’achats, de participations, d’échanges aux compagnies pétrolières et aux états asphyxiés par la baisse des prix du pétrole.
Que vous soyez une petite junior canadienne à la recherche d’un financement pour un forage d’exploration dans le désert du Sahara, un état du golf de Guinée qui vend ses licences d’exploration en eau profonde, que vous ayez besoin de 1 500 km d’oléoduc, d’un derrick, d’une raffinerie, d’une plate-forme pétrolière la Chine répond présente. Elle fait face à des défis techniques et financiers monumentaux si cela peut aboutir à la production de pétrole.

Chine et le pétrole, les éxcedents pétroliers

excédents pétrolier Chine

Quand le monde entier doute du pétrole, la Chine, elle, achète. En février et avril 2009, quand j’ai publié mes rapports haussiers sur la géothermie et le pétrole, les compagnies pétrolières chinoises achetaient tout ce qui avait un lien plus ou moins direct avec le pétrole sur le continent africain.
A ce moment-là, les compagnies chinoises ont signé des contrats avec le Nigeria, le Ghana, le Kenya, le Congo Brazzaville, la Cote d’Ivoire, le Cameroun, le Zimbabwe, le Centre Afrique, Djibouti…
Elles ont acheté des juniors canadiennes avec des gisements pétroliers africains, des licences d’exploration en Afrique et fait une proposition de 10 milliards de dollars à une junior anglaise.
Ensuite quand le prix du pétrole est élevé, la Chine ne vend rien, avec l’approche du pic de production du pétrole et sa croissance, elle n’a aucune raison de le faire, son objectif est de sécuriser ses approvisionnements pas de faire des plus values. La Chine se contente de limiter ses achats et attend patiemment un nouveau creux pour acheter à nouveau.

Dr Thomas Chaize

Ce contenu a été publié dans Energie, Pétrole. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *