Inévitablement, vers un pétrole à 200 dollars

Les prévisions « officielles » du prix du baril de pétrole ont très souvent en commun leur optimisme. Parmi ces prévisions « officielles » celles de l’EIA (Energy Information Administration) sont celles que les adeptes des prévisions « mathématiques »  (ou des formules magiques) préfèrent utiliser dans leur modèle. L’EIA a été créée en 1977, entre les deux premiers chocs pétroliers de 1973 (hausse des prix de l’OPEP) et 1979 (guerre Iran/Iraq) pour collecter des données sur l’énergie (Charbon, pétrole, gaz naturel, électricité, énergie renouvelable et nucléaire). L’EIA fait partie du ministère de l’énergie US (US Departement of Energy).

En 1996, l’EIA prévoyait un prix du baril de pétrole en 2012 compris entre un minimum de 15 dollars et un maximum de 35 dollars (+/-).
En 2000, la prévision de prix pour 2012 était comprise entre un minimum de 15 dollars et un maximum de 30 dollars (+/-).
En 2005, la prévision de prix pour 2012 était comprise entre un minimum de 25 dollars et un maximum de 40 dollars (+/-).
En 2008, la prévision de prix pour 2012 était comprise entre un minimum de 50 dollars et un maximum de 85 dollars (+/-).
Au fur et à mesure que l’échéance s’est rapprochée, la prévision s’est adaptée à la hausse du prix du pétrole.
Finalement, en 2011, le prix moyen du baril de pétrole était à 95$, et en 2012, nous sommes actuellement à 103$ : soit presque sept fois la prévision basse et plus de trois fois la prévision haute de  l’EIA de 1996…
Mais les choses semblent avoir évolué dans cette institution : cette année, ils prévoient, pour 2035, un scénario bas à  60 dollars et un scénario haut à 180-200 dollars (+/-). 2035 ! Me direz-vous, c’est loin ! Exact, mais dans leur graphique, ils indiquent que cette fourchette de prix est aussi possible dans un horizon de temps relativement court, à 1, 2, 3 ans.
Cette prévision qui peut paraître optimiste pour 2035, me semble en revanche tout à fait adaptée à l’horizon de 1 à 3 ans. En effet, il me semble fortement probable que le pétrole dans une tendance structurelle haussière majeure connaisse une très forte volatilité au gré des crises qui ne manqueront pas de ponctuer son ascension vers de nouveaux sommets.
La citation de John Davison Rockefeller, qui date pourtant du 19ème siècle, est plus que jamais d’actualité : « Croyez au pétrole, toute chute n’est pas une raison d’angoisse, mais une occasion d’acheter ». Aujourd’hui le pétrole baisse ; je n’ai aucune idée du palier auquel il va descendre… 92.5$, 85$, 75$, 65$, qu’importe ! Je suis convaincu que ce ne sera pas une raison de douter, mais une opportunité d’achat. Nous savons qu’il va remonter, car pour maintenir la production mondiale à ce niveau, un pétrole cher, voire très cher est nécessaire. Ce n’est pas une conspiration des pompistes, des traders, des hedge fund, c’est une tendance structurelle prévisible et inévitable. Le pétrole est cher car nous sommes chaque jour plus nombreux et qu’il n’y a plus suffisamment de pétrole. Vous pouvez retourner le problème dans tous les sens, utiliser des formules incantatoires : « huile de schiste », « crise grecque », « spéculation » cela ni changera rien !
Déjà aujourd’hui, vous pouvez lire un peu partout que la Libye, la production de l’OPEP, la faiblesse de la croissance, la Grèce, l’huile de schiste menacent le prix du pétrole, bla bla bla bla…
Pensez alors à la citation de Rockefeller « toute chute n’est pas une raison d’angoisse, mais une occasion d’acheter »…

Graphique du pétrole à 200 dollars

Ce sont deux visions du monde et de notre futur qui s’opposent depuis 10 ans.
Une qui consiste à dire que la terre est plate, le pétrole abondant à vitam eternam, que le prix du baril restera sagement au niveau désiré : ce sont généralement des économistes, si vous en avez un sous la main, discutez avec lui de l’avenir du prix du pétrole, cela vaut son pesant de « cacahuètes ».
L’autre portée par des esprits chagrins, souvent géologues ou anciens responsables du monde pétrolier, jugent que quelque chose ne tourne pas rond. Si on trouve moins de pétrole depuis 50 ans il n’y a pas de raison pour en produire toujours plus aujourd’hui ; c’est le décalage entre le pic des découvertes et le pic de production dont nous parlait King Hubbert, il y a 50 ans…

Dr Thomas Chaize

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